Les océans abritent de vastes réserves de carbone et exercent une influence énorme sur le climat. Nous devons assurer la santé permanente des systèmes océaniques pour contrer les effets des changements climatiques, les océans constituant une source alimentaire mondiale importante et un réservoir de biodiversité. Si nous n’agissons pas devant les changements climatiques, l’acidité des océans augmentera (en raison de la hausse du CO2), les habitats marins seront moins productifs et le niveau des eaux montera, ce qui menacera les zones côtières et les basses terres insulaires.
Pour des espèces telles que le saumon, le réchauffement des océans ajoute au stress déjà causé par la surpêche. En fait, la surpêche constitue actuellement la plus grande menace à la biodiversité marine. Des études récentes démontrent que la majorité des gros poissons sont disparus. Toutefois, les activités humaines telles que l’aquaculture et le forage pétrolier côtier s’intensifient et créent de graves problèmes environnementaux pour les espèces océaniques.
Nous devons cesser de voir les océans comme de simples étendues d’eau. En effet, il s’agit d’écosystèmes complexes qui, à l’instar des systèmes terrestres, peuvent tirer parti d’une planification intelligente et de la création de zones protégées.
Malheureusement, le Canada avance à pas de tortue pour ce qui est de respecter ses engagements nationaux et internationaux en matière de protection de la vie marine. Le gouvernement fédéral doit passer d’efforts timides de protection des océans à un élan d’action vigoureux pour remplir ses engagements, notamment la constitution d’un réseau national d’aires marines protégées d’ici à 2012. Pour commencer, il faudrait accélérer la mise en œuvre de la Loi sur les océans par un financement adéquat.
Le Canada doit aussi agir contre la surpêche dans les eaux canadiennes et les répercussions graves des engins de pêche sur les habitats marins et les zones vulnérables. Le chalutage par le fond est une pratique particulièrement nuisible. Elle détériore de grandes aires d’habitats marins, rejette les poissons non voulus parmi les énormes prises et consomme plus de combustibles fossiles par tonne de poissons capturés que toute autre méthode de pêche.