Le rapport complet
Les enjeux: Énergie
Le réchauffement planétaire constitue le plus grand défi auquel fait face l’humanité à l’heure actuelle. Pour que le Canada puisse exercer son leadership en matière de changements climatiques, nous devons changer notre façon de produire et d’utiliser l’énergie.
En tant que pays nordique, le Canada est particulièrement vulnérable au réchauffement planétaire. Les paysages et les habitants de l’Arctique sont déjà gravement touchés par la hausse des températures. Les glaces marines de l’Arctique, qui étaient considérées comme permanentes, fondent : pour la première fois à l’été de 2007, le passage du Nord-Ouest était libre de glace. En outre, les animaux qui dépendent des écosystèmes de l’Arctique, par exemple les ours polaires, sont menacés de disparition, car leur milieu de vie subit des modifications telles qu’ils ne le reconnaissent plus. La durabilité des collectivités nordiques est également menacée.
À l’échelle mondiale, les changements climatiques non contrôlés peuvent dévaster des vies humaines par des pénuries d’eau, des famines causées par des mauvaises récoltes et la propagation de maladies. Ces répercussions pourraient perturber gravement l’économie mondiale et la sécurité des nations à la suite de la migration de millions de personnes à la recherche de meilleures conditions de vie. Le réchauffement planétaire est une crise humanitaire de même qu’une catastrophe environnementale.
Pour éviter des conséquences désastreuses, nous devons utiliser moins d’énergie pour répondre à nos besoins en adoptant des mesures d’efficacité et d’économie énergétiques et en nous tournant vers des sources d’énergie qui ne rejettent pas de carbone dans l’atmosphère. Nous devons en outre décentraliser notre système énergétique en passant de mégaprojets de production excessive à de petits projets locaux de production efficiente. L’énergie charbonnière et nucléaire – non durable et polluante – ne constitue pas la solution en matière d’approvisionnement énergétique et d’émissions de carbone. En effet, les besoins énergétiques du Canada peuvent être remplis grâce à des technologies qui n’entraînent pas un héritage toxique.
Chaque année au Canada, un quart des émissions de gaz à effet de serre connexes proviennent des moyens de transport. La technologie permet actuellement de doubler, voire de tripler, le rendement énergétique des véhicules personnels. Imaginons les économies d’essence réalisées si la nouvelle voiture moyenne utilisait quatre litres pour parcourir 100 kilomètres au lieu de huit. Imaginons des maisons utilisant 60 pour cent moins d’énergie de chauffage et de climatisation que les maisons actuelles, des maisons alimentées au moyen de systèmes d’énergie solaire fixés aux toits. Imaginons nos industries faisant figure de championnes mondiales en matière de solutions à la pollution par les gaz à effet de serre. Imaginons l’élimination progressive de l’électricité polluante – et de ses déchets radioactifs et toxiques – produite au moyen de charbon et de la fission nucléaire. Non seulement de telles mesures profiteraient au climat, mais nos collectivités seraient aussi en meilleure santé et notre économie serait plus durable. Ces solutions sont possibles si nous faisons des choix politiques judicieux.
En effet, le Canada a la possibilité de devenir une superpuissance dans le domaine de l’énergie durable. Pour y arriver, il doit agir rapidement et mettre en œuvre un vaste ensemble de mesures politiques, dont des taxes, des incitatifs, une réglementation et des programmes éducatifs, mesures grâce auxquelles les émissions de gaz à effet de serre pourront être réduites de 25 pour cent d’ici à 2020 et de 80 pour cent d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 1990.
Programme d’action canadien en matière d’énergie
- D’ici à 2009, en guise d’élément central d’un plan d’action climatique, fixer un prix sur les émissions de GES. Commencer par un prix minimal de 30 $ par tonne de CO2e en 2009, puis passer à 50 $ par tonne d’ici à 2015 et à 75 $ par tonne d’ici à 2020. Ce prix devrait être appliqué à grande échelle dans l’économie canadienne au moyen d’une taxe ou d’un système de plafonds et d'échanges pour les émissions de GES et d’un nombre grandissant de permis mis aux enchères. Dans un cas comme dans l’autre, les revenus tirés devraient être investis dans d’autres mesures visant à réduire les émissions de GES et servir également à absorber la hausse des coûts connexes pour les Canadiennes et Canadiens à faible revenu.
- Faire en sorte que le Canada réitère dès maintenant son engagement à faire des efforts véritables pour respecter ses obligations juridiques dans le cadre du Protocole de Kyoto conformément à la Loi de mise en œuvre du Protocole de Kyoto. Le Canada doit comprendre qu’il s’expose à des amendes s’il n’atteint pas les objectifs fixés en matière de réduction des émissions pour la période de 2008 à 2012.
- Affirmer immédiatement le leadership du Canada dans le cadre des négociations internationales sur le climat après 2012 en s’engageant à réduire de 25 pour cent les émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 d’ici à 2020 et de 80 pour cent d’ici à 2050, et démontrer de façon convaincante les progrès réalisés. Dans les six mois, publier un plan d’action climatique décrivant des mesures permettant d’atteindre l’objectif de 2020 – réduction de 25 pour cent des émissions de GES par rapport au niveau de 1990 – et définissant des objectifs et des politiques fermes ainsi que des échéanciers de mise en œuvre pour chaque source importante de GES au Canada.
- Dans les six mois, adopter une stratégie sur l’énergie durable entièrement intégrée au plan d’action climatique. Cette stratégie doit être axée sur la transformation complète de l’économie canadienne de manière à maximiser l’économie d’énergie, l’efficacité énergétique et l’utilisation d’une énergie renouvelable à faible impact. Elle doit comprendre des objectifs de réduction de 20 pour cent de l’utilisation de l’énergie au Canada (par rapport au niveau de 2005) et d’accroissement de la capacité de l’énergie renouvelable ayant peu d'impact sur l'environnement à 35 000 mégawatts, tous deux à atteindre d’ici à 2020. Les éléments principaux suivants doivent figurer dans la stratégie.
- Un plan d’action sur l’efficacité énergétique pour mettre en œuvre un ensemble coordonné de règles, d’incitatifs financiers, de mesures de renforcement des capacités et d’approvisionnement gouvernemental pour chaque secteur important consommateur d’énergie.
- Des normes actualisées et réglementées de rendement énergétique destinées aux véhicules personnels mesurées par rapport aux principaux pays et répondant aux meilleures pratiques nord-américaines ou dépassant ces dernières.
- Un plan d’action sur l’énergie renouvelable qui offre des incitatifs financiers et des mesures de renforcement des capacités visant à faire du Canada un chef de file dans la production de sources d’énergie renouvelable – électricité, chauffage et carburant – ayant peu d'impact sur l'environnement d’ici à 2020.
- Un plan sur la responsabilité nucléaire qui comprend une réglementation exigeant la comptabilisation intégrale de l’énergie nucléaire et des installations d’élimination des déchets à long terme en tarifs d’électricité; la transition de la surveillance de la Commission canadienne de sûreté nucléaire de Ressources naturelles Canada (ce ministère se trouvant au cœur d’un conflit d’intérêt lié à la surveillance des ventes et à la sécurité des réacteurs) à Environnement Canada; et l’élimination des subventions directes et indirectes à l’énergie nucléaire.
- Établir immédiatement un objectif de neutralisation de l’utilisation du carbone dans les activités du gouvernement fédéral par l’amélioration de l’efficacité énergétique des immeubles et des véhicules, des projets d’énergie renouvelable, l’évitement des déplacements en avion et des programmes de qualité de crédits d'émission de carbone.
Pour plus d’information
» Espèces et milieux sauvages