Les Canadiennes et Canadiens reconnaissent aujourd’hui que l’économie et l’environnement ne vont pas l’un sans l’autre. En effet, nous payons un prix quand l’air pollué fait diminuer la productivité de la main-d’œuvre et augmenter les coûts des soins de santé. De même, nous payons un prix quand nous devons nettoyer des sites contaminés. Du coup, nous gaspillons argent et énergie.
L’une des raisons pour lesquelles les problèmes environnementaux comme la mauvaise qualité de l’air et l’accélération des changements climatiques persistent est parce que nous ne payons pas tous les coûts environnementaux et sociaux liés aux produits et aux services que nous achetons. Par exemple, le fait de ne pas payer pour les effets climatiques des combustibles fossiles avantage injustement les automobiles par rapport aux transports en commun; la non-reconnaissance des coûts environnementaux liés à l’utilisation de pesticides et d’engrais donne l’impression que les aliments biologiques sont plus coûteux qu’ils le sont en réalité; les énergies solaire et éolienne sont propres, mais rivalisent avec le charbon, dont les émissions mortelles ne sont pas incluses dans le prix de l’électricité.
Comme si cela ne suffisait pas, nos politiques fiscales encouragent un comportement économique préjudiciable à l’environnement et au climat en soutenant le développement conventionnel, par exemple les sables bitumineux, plutôt que des approches plus durables. Ces subventions sont à la fois coûteuses sur le plan économique et non durables sur le plan environnemental.
Plus que tout autre problème, les changements climatiques témoignent des coûts économiques de la dégradation de l’environnement. Dans le cadre d’une étude détaillée portant sur l’aspect économique du réchauffement planétaire, M. Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, prédit un ralentissement de l’économie si les pays riches et en émergence n’investissent pas immédiatement dans la protection du climat. « Nos actions d’aujourd’hui et des prochaines décennies pourraient causer de grandes perturbations dans les activités économiques et sociales de la seconde moitié de ce siècle et du siècle suivant, d'une ampleur semblable à celles provoquées par les guerres mondiales et la dépression économique de la première moitié du xxe siècle. »
De même, dans son rapport consultatif intitulé 2050 : la transition du Canada vers un avenir à faible taux d’émission, la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie souligne que « grâce à une politique sur les changements climatiques qui permet des réductions rentables des émissions par un prix des émissions à large assise et dans un monde où les principaux partenaires commerciaux du Canada s’engagent envers des réductions importantes semblables des émissions de GES, il est raisonnable de conclure que l’économie canadienne continuera de bien se porter puisque l’incidence est relativement limitée sur la croissance économique ». Le rapport conclut que sur une période de 43 ans, d’une à deux années de croissance économique se perdront pendant la transition vers une économie plus durable.
Augmenter les taxes sur l’exploitation des ressources naturelles vierges et employer les recettes pour favoriser l’utilisation de matériaux recyclés.
Raccourcir immédiatement de deux années la période du retrait progressif de la déduction pour amortissement accéléré accordée au secteur de l’exploitation des sables bitumineux.
Réduire les subventions actuelles accordées aux industries minière, pétrolière et gazière et s’engager à ne pas accorder de nouvelles subventions et d’incitatifs fiscaux pour les projets miniers, pétroliers ou gaziers, comme le projet gazier Mackenzie.